Souvenirs de Bernard Favre; la petite enfance, Renens 1948 - 1957
B.Favre; 09.05.17; Version 0.1; chapitre 01, page 9 / 9
Coup de main à un maraîcher à la Riponne.
Le marché vers 1960 ressemblait à cela Maraîcher du Mont-sur-Lausanne.
Mottaz, musée his-
torique Lausanne.
Je connaissais ce maraîcher de vue depuis longtemps, toutes les semaines je
voyais son attelage devant le café du Jorat (l’actuel Restaurant Asie Pacifique)
à la Place de l’Ours et lui à une table avec trois décis ou un café.
En général il précédait l’agent de police Mottaz dit «le siffleur», qui après avoir
parqué sa moto BMW sirotait trois décis sur la terrasse. Puis la conscience tranquille,
s'en allait régler le trafic à la Place de l’Ours en sifflant.
Je ne me souviens pas si j’ai offert mes services ou s’il m'a demandé de lui donner
un coup de main. Après avoir chargé la marchandise et le stand on grimpait sur le
siège, et le cheval emmenait clopin clopant tout ce joli monde à la ferme.
Le pas tranquille du cheval nous donnait le temps d’observer les gens et
provoquait des embouteillages pour les voitures et les transports publics.
Jamais on n'a entendu un coup de Klaxon ou des vociférations, on avait
encore le temps de vivre.
Place de la Riponne, Rue du Tunnel, César-Roux et Café du Jorat étaient la
première étape. Après cette pause sur la terrasse on continuait par Béthusy et Victor
Ruffy ou il avait sa ferme.On déchargeait et rangeait le char.
C’était le même pinailleur que mon oncle maraîcher, il ne fallait pas
seulement mettre les choses à leur place, mais: «pas comme
ça», «plus à gauche» et cætera.Débrider, desseller, mener le
cheval à l’écurie et ranger le char achevait la journée. En général il
me donnait des légumes invendu.
Ça existe encore!
J’en ai eu le souffle coupé. En googlant sur la toile, j’ai découvert
que cinquante-cinq ans plus tard il y a encore un maraîcher
à Victor Ruffy 66, la famille Aebi et Fils.
Les spéculateurs fonciers qui passent par là doivent attraper un
rhume des foins carabiné! Penser donc! faire pousser des salades
à un franc cinquante la pièce sur du terrain qui pourrait
rapporter dix milles francs au mètre carré!!!