Souvenirs de Bernard Favre; la petite enfance, Renens 1948 - 1957
B.Favre; 09.05.17; Version 0.1; chapitre 01, page 7 / 9
Livreur de fleurs chez Zbinden
Bernard en action
Extrait de l'annuaire vaudois 1962
Annonce dans le journal "Le Rhone"
du vendredi 23 nvembre 1951
Rails de Tramm
A. Zbinden avait son magasin de fleurs à la rue
du Valentin 1, sous la terrasse de l’église de
Notre-Dame du Valentin et son jardin à l’avenue
de Rumine 37. Il avait une fille (qui n’était pas
pour moi!) et sa femme tenait le magasin.
D’après mon oncle Edmond Dutoit (le popiste),
Zbinden était un coureur de jupons!
En 1951 il met une annonce dans le Journal le
Rhône, probablement pour éviter que sa femme
la lise ou que les mauvaises langues supposent
qu’il a besoin d’oseille!
Mon boulot consistait à livrer des fleurs, donner
un coup de main au magasin. Si le travail
manquait au magasin il y en avait au jardin:
sarcler, arracher les mauvaises herbes, arroser,
faire des bouquets de fleurs.
Le rayon des livraisons était les hauts de la
ville du côté Bois-de-Vaux, Pontaise, Montétan et
l’hôpital cantonal.
Il fallait suer pour monter vers les lieux cités, mais
cela en valait la peine pour, au retour, éprouver
l’ivresse des descentes à un train d’enfer. De plus
les pourboires n’étaient pas rares.
Les rails de tramway à la place-Ael-Air et à la
Place Chauderons étaient mortels. On les
franchissait en zig-zag pour éviter qu’une roue ne se
coince dans le rail.
Par temps mouillé ces trucs étaient de véritables
patinoires dont il fallait se méfier. Je ne me suis
jamais cassé la gueule, mais j’ai assisté à des
planées spectaculaires.
De tous les petits boulots, c’est celui qui me laisse
les meilleurs souvenirs. Que le soleil brille, qu’il
neige ou pleut, avec ou sans bise je me baladais
seul avec mon vélo et mes fleurs. Personne ne
me disait ce que je devais faire!
Ce plaisir d’être dehors aura une influence lors du
choix du métier de monteur-électricien.