Favre Irénée (1905 - 1979) Légionnaire de 1925 à 1943
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Pourquoi mon père s'est engagé?
Selon mon père, un journalier qui louait ses bras de ferme en ferme au gré des saisons,
la maladie ou la vieillesse aurait fait de lui un indigent, car il n’y avait pas d’assurances
ou de caisses de retraites.
C’est pour échapper à ce sort que mon père s’engagea à la légion étrangère, ou après
quinze ans d’enfer, on était retraitable !
Il avait fait un mauvais calcul. La dévaluation du franc Français divisa par quatre le
montant de sa retraite qui n’était pas indexée.
Il en fut réduit à quémander à ma mère si ses fils ne pouvait pas l’aider financièrement.
La maman l’a envoyé sur les roses en se gardant bien d’informer les fils. Elle me l’avoua
malignement quelques années après la mort de mon père.
Je n’ai rien dis, mais elle n’a plus jamais entendu parler de moi jusqu'à sa mort
Selon ma mère, on disait qu’il avait volé !
Selon le journal le Nouvelliste du samedi
21 novembre 1925, le nommé Favre
Irénée, 20 ans, berger, sujet suisse, a été
arrêté par la gendarmerie française en
vertu d’un extrait de jugement du tribunal
de StJulienenGenevois du 29 novembre
1923, le condamnant à 3 mois de prison
et 100fr. d’amende pour coups et
blessures.
Favre s’était rendu à StGingolph pour
s’engager dans la légion étrangère. (il
s’engagea le 24 novembre 1925 à
Annecy).
Selon ses états de service et il me l’a confié, il fut cassé de son grade pour indignité
(pour économiser les draps de lit, iI avait partagé son plumard avec un bon copain).
Il n’est pas impossible, que l’adolescent et ses embrassades d’armailli aient fait rougir la
Gruyère catholique.
Enfin, la mère et les deux sœurs de mon père (qui n’aimait pas les curés) était des
grenouilles de bénitier.
Ma mère m’a raconté, que lorsque mon père est revenu de la légion, le premier souci
de ma grandmère paternelle a été de s’informer si son fils avait été à l’église tous les
dimanche (après 18 ans d’absence)!